Je voulais parler de la mort mais la vie a fait irruption

« j’ai reçu un coup de fil le 8 octobre à 10 heures du matin et depuis ce jour-là, ma vie a basculé. Un livre s’est fermé pour en ré ouvrir un autre qui sera juste dans l’amour de la beauté de la vie. Je vais faire quelque chose de ce cadeau mal emballé, en œuvrant pour montrer aux gens que la vie c’est la mort »

Le ton était donné. C’est ainsi qu’Isabelle, la maman de Clément a débuté notre entretien en vue de la préparation des obsèques de son fils de 22 ans, décédé accidentellement. Cet entretien, que je redoutais, tant la victime était jeune, a pris, rapidement, des allures de préparation de grande fête en l’honneur du jeune homme.

Isabelle, ayant utilisé le mot crémaillère, lapsus obtenu avec  « crémation » et « mise en bière » a souhaité que les obsèques soient à la hauteur de sa rock star de fils, afin qu’il soit encensé et médiatisé comme il se doit.

Et ce fut le cas et bien plus encore. 250 personnes au bas mot, prêtes à en découdre avec les codes de bonne conduite et bien décidées à transcender cette épreuve dans l’allégresse la plus totale.

Il nous fallait du temps et nous l’avons eu. Une bonne heure d’intense communion et de partage en musique, rythmée par des hommages, des rires, des anecdotes, des photos… Chacun y est allé de sa plus belle plume, pour laisser un dernier message d’amour sur les murs de la nouvelle «maison» de Clément .

Puis il a fallu se dire aurevoir et comme il l’aurait souhaité, il est parti sous les applaudissements, les cris, les ovations sous une pluie de petits cœurs de papier. « Pour Clément, hiphiphip… » Et d’entendre résonner les Hourras…

Comment ne pas être boulversé par ce moment hors du temps et du commun, comment ne pas être admiratif devant cette famille qui nous a invités à partager l’intimité de cet amour filial, comment ne pas souhaiter que chaque départ soit organisé de la sorte pour que la joie l’emporte sur la tristesse, la vie sur la mort, le possible sur le peu probable, la libération des mots sur l’indicible… ?

Merci à la famille de Clément pour leur confiance, pour leur collaboration, pour leur ouverture d’esprit, leur générosité, pour leur grandeur d’âme et pour leur force.

Par Erika

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