La mort en maison de retraite, un tabou ?

L’EHPAD Manon Cormier fait appel à Syprès pour oser innover sur le sujet.
Syprès intervient à la maison de retraite Manon Cormier à Bègles pour accompagner l’établissement sur tous les aspects relatifs à la mort : la fin de vie, le décès et les relations avec les proches et les pompes funèbres, l’hommage, le recueillement. L’équipe est constituée d’Olivier Gallet, Florence Boileau (la Cie du Si) et Elsa Landais (son site internet), mais également Sarah Gonzales et Pauline Clair (étudiantes en sciences humaines).
L’objet de l’intervention est d’identifier les besoins et les envies d’innover sur de nouvelles appréhensions de la mort et du deuil. Plusieurs demi-journées d’interventions sont envisagées pour dépasser le déni de la mort, proposer des espaces de paroles et d’accompagnements pour surmonter les angoisses et honorer chacun sur les derniers moments. Ce travail est co-construit avec l’encadrement, les professionnels, les résidents et si possible, les familles.
Une première journée a permis de récolter les témoignages des équipes de soignants, d’encadrement et des résidents pour mieux comprendre le fonctionnement et les attentes de chacun et chacune. Le temps de retranscrire les riches témoignages et nous avons pu nous retrouver pour partager ce que nous avons écouté, ce que nous avons compris.

“Cela me plaît cette façon de faire. Les gens que j’apprécie, je vais à leur enterrement. J’ai été avec la secrétaire.”

Une résidente

“Mais je parle de la mort avec mes onze enfants… Ils savent ce qu’il faut faire pour moi. Ici je n’en parle pas. Peut-être parce que le moment n’est pas venu.“

Une résidente

« Ce sont les derniers moments qui me pèsent le plus. J’ai peur qu’ils partent en souffrant. Ce sont des moments qui durent quelques heures, voir quelques jours. Je me rappelle avoir accompagné une mamie plusieurs jours. J’ai été très, très affectée. »

Une aide soignante

« Le problème c’est que quand les personnes arrivent, les trois quarts ne sont plus en capacité de s’exprimer sur le sujet. C’est donc aux familles de gérer cela, et souvent elles ont peur d’en parler, de peur de provoquer la mort. »

Équipe d’encadrement

Les prochaines étapes seront marquées par l’organisation d’un café mortel dans l’établissement pour libérer la parole sur sujet, la réalisation d’un questionnaire pour mesurer les envies, les capacités et les besoins des professionnel.le.s. et l’expérimentation de nouvelles approches.

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